Top Chef 2016, les confidences du jury sur la saison 7

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A quelques jours du lancement de la nouvelle saison de Top Chef, découvrez les premières révélations d’Hélène Darroze, Michel Sarran, Philippe Etchebest et Stéphane Rotenberg.

Alors que la nouvelle saison de Top Chef est déjà en boite et que le premier épisode de Top Chef sera diffusé le 25 janvier 2016, on vous en dit plus sur cette nouvelle saison. Nous avons en effet pu rencontrer, sur le tournage d’une épreuve, les trois membres du jury présents, Hélène Darroze, Michel Sarran et Philippe Etchebest, ainsi que Stéphane Rotenberg, l’animateur de l’émission. Le niveau des candidats et des épreuves est plus élevé que jamais. Un "très grand cru" selon Michel Sarran et des épreuves toutes plus originales les unes que les autres. Mais rassurez-vous, aucun "vrai" spoiler ne se cache dans cette interview, les chefs préfèrent plutôt nous parler de leur ressenti sur l’émission et de leur implication toujours plus importante dans les épreuves de saisons en saisons !

Top Chef 2016, les confidences du jury sur la saison 7

meltyFood : Comment trouvez-vous cette nouvelle saison jusque ici ?

Michel Sarran : "C’est une super saison, il y a de très bons candidats. En équipe ou en individuel, ça se fait dans un climat serein. Il y a beaucoup de pression aussi, mais c’est un bon cru parce qu’il y a du niveau, de la technique… Et puis pour nous le jury c’est toujours agréable le tournage."

Hélène Darroze : "On arrive à un stade de la compétition où on devient attaché aux candidats. Que l’un ou l’autre gagne ça ne dépend pas de moi, mais je me mets à la place des candidats et c’est pas facile."

Michel Sarran : "Pour nous c’est un jeu, c’est anecdotique. Mais pour les 8 candidats qui restent, les enjeux sont grands !"

Hélène Darroze : "En plus l’épreuve était difficile…"

Michel Sarran : "Mais toutes les épreuves sont difficiles !"

meltyFood : Ils vous surprennent cette année les candidats ? Surtout que l’on mise rarement sur le vainqueur en début de saison.

Michel Sarran : "On a déjà bien avancé dans la compétition et c’est toujours difficile de trouver un gagnant. Certains se révèlent au fur et à mesure des épreuves, d’autres se font remarquer vite mais ne tiennent pas forcément longtemps…"

Hélène Darroze : "Je trouve que ce sont des candidats qui travaillent beaucoup plus à l’instinct et à l’émotion. Ils cuisinent avec le cœur."

meltyFood : Et votre mission pendant les épreuves, vous la voyez comment ?

Michel Sarran : "Il faut les guider, ou plutôt les alerter sur des erreurs qu’ils pourraient faire. On ne peut pas intervenir sur la recette en elle-même. Donc il faut les rassurer, les motiver… On a plusieurs rôles à jouer et c’est vrai qu’il y a un climat qui se crée, on est très proche d’eux. Cette proximité devient douloureuse quand il faut leur dire de s’en aller. C’est terrible ! Mais bon c’est le concours et c’est eux qui ont signé !"

Philippe Etchebest : "On arrive à un stade où ça devient dur de les éliminer, c’est vrai parce qu’on se sent responsable de ça. Ça devient un vrai poids pour nous. C’est l’intérêt du jugement à l’aveugle. On ne juge que l’assiette. C’est important d’avoir cette approche-là."

meltyFood : Mais certains styles sont plus discernables que d’autres malgré tout ?

Hélène Darroze : "On pourrait mais on essaye de ne pas le faire."

Philippe Etchebest : "Là encore, je suis toujours surpris parce qu’il y a des candidats qui progressent. Ils tirent des leçons de l’épreuve précédente à chaque fois et ils s’améliorent à celle d’après. Aujourd’hui, un candidat m’a bluffé et je ne m’attendais absolument pas à ce que ce soit son assiette !"

Hélène Darroze : "ça fait 7 semaines et ils nous épatent encore !"

Michel Sarran : "On a beaucoup de mal à savoir quelle sera la finale."

meltyFood : Et vous le ressentez comment quand un bon candidat en qui on croit est éliminé «trop tôt »

Hélène Darroze : "L’un des éléments clé de notre métier, surtout à notre niveau, c’est la régularité. Et dieu sait si c’est dur de l’avoir. Même pour nous, ça demande un rythme intense."

Philippe Etchebest : "Les gamins ils enchaînent les épreuves avec un courage. Vous savez c’est très éprouvant et c’est une vraie performance de tenir le coup pendant Top Chef parce le mental il est super important dans ce genre de compétition."

Stéphane Rotenberg : "Je me rappelle encore de Jorice pendant la saison 4 qui avait un énorme potentiel et qui s’est complètement raté sur une épreuve. Aujourd’hui il est étoilé en Hollande, donc même si ils sont éliminés, c’e n'est que le début de leur carrière !"

meltyFood : Pour revenir à cette nouvelle écriture, le jury est beaucoup plus impliqués dans les épreuves.

Stéphane Rotenberg : "ça se sent énormément. En fait ils sont émotionnellement plus impliqués. Il y avait toujours de la part des chefs une déception quand un candidat part. Mais là c’est évident qu’ils créent des liens. Pour l’épreuve tournée aujourd’hui par exemple, Michel me disait « tiens je n’ai jamais travaillé avec eux ». Il a donc découvert leur personnalité, leur cuisine... L’équilibre est pas facile, parce qu’ils ne peuvent pas orienter les candidats, il faut les laisser faire leurs recettes."

meltyFood : Et avec cette forme d’émission, le jury aussi joue le jeu ?

Michel Sarran : "On fait beaucoup plus que jouer le jeu, on le vit ! On est avec eux et on a l’impression de participer à l’épreuve même si on a un peu les mains attachées dans le dos. On n’a pas le droit de mettre les mains dans le cambouis, on a pas le droit de trop leur parler… C’est frustrant mais on essaye de leur faire passer quelques messages subliminaux (rires). Après c’est eux qui ont leur idée, leur culture, leur technique… Aujourd’hui, j’ai soutenu un candidat que je n’avais jamais vraiment remarqué et son assiette a été retenue ! Il m’a bluffé ! Je ne comprenais pas où il voulait aller et au final il faut avoir l’humilité de dire "bravo champion !"

Stéphane Rotenberg : "Les chefs et les candidats sont du même monde. On le sent vraiment, moi je n’ai pas tous leurs codes. Mais entre eux ils se respectent, ils se comprennent, dans la joie et dans la douleur. Il y a des liens entre eux qui sont très particuliers. Un cuisinier, c’est un cuisinier."

meltyFood : Vous auriez participé à Top Chef au début de votre carrière ?

Hélène Darroze : "C’est une question que je me pose souvent."

Stéphane Rotenberg : "Je pense que la seule vraie bête de concours c’est Philippe !"

Hélène Darroze : "Je ne sais pas si j’aurai eu ce qu’il faut dans le pantalon pour y aller mais c’est sûr que c’est hyper enrichissant à cet âge-là. C’est très courageux, c’est un sacré défi envers soi-même."

Michel Sarran : "C’est vrai que ça fait mal. Moi je n’ai pas du tout cette personnalité ! Philippe on sait qu’il est dans cette approche, et ça fait partie de sa vie. Moi j’aime bien avoir le temps, penser mes recettes à un rythme de fou tous les jours !"

Hélène Darroze : "Oui mais imagine à 30 ans, encore plein d’énergie !"

Michel Sarran : "Déjà je n’ai plus 30 ans ! (rires) et même, je n’ai jamais été concours !"

meltyFood : C’est drôle parce que vous vous entendez très bien, même si ça vous prend beaucoup de temps, vous vous amusez bien sur ce tournage ?

Hélène Darroze : "Non moi je joue un jeu ! (rires) C’est un enfer de bosser avec les deux autres."

Philippe Etchebest : "Le truc qu’on s’est dit quand s’est retrouvé cette année, c’est qu’on avait l’impression que c’était hier qu’on avait tourné la première saison ensemble. Alors que ça fait un an déjà."

Michel Sarran : "ça il faut bien comprendre que quand on fait Top Chef ça nous suit toute l’année ! La diffusion est décalée sur le tournage, entre deux on fait les enregistrements de voix off… On vit avec pendant un an !"