Sushi : Un restaurant anti-sexisme au Japon

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Yuki Chizui, une maîtresse sushi bouscule les codes au Japon avec son restaurant dont la brigade est essentiellement féminine. Une petite révolution en cuisine !

Dans le monde très fermé et conservateur des sushis masters, une femme chef dirige aujourd’hui un restaurant sous le feu des projecteurs puisqu’il n’y a pas un seul homme dans la brigade. Le Japon est un pays qui peut sembler étrange du point de vue de la culture occidentale. Si l’on se limite aux concepts insolites comme ce bar où l’on peut apprécier à la fois des seins et un grand bol de ramen, d’aucun dirait même que la culture y est un brin sexiste. Pourtant, Yuki Chizui, qui assume d’aimer le rose et de faire des sushis “frais et kawaii” veut changer la donne avec Nadeshiko Sushi. En effet, depuis le départ il y a 3 ans du dernier membre du personnel masculin, il n’y a que des femmes en cuisine. Le succès est instantané dans le quartier situé dans le district d’Akihabara, le QG des geeks et des otakus de Tokyo. Malgré le succès, la chef affirme dans les colonnes du Guardian que des hommes en costard se rendent souvent dans son établissement pour railler le fait qu’une femme prétende réaliser des vrais sushis. Cette tradition est habituellement réservée à des vieux messieurs en kimono qui transmette leur passion à leur fils, même si cela ne les intéresse pas trop.

Sushi : Un restaurant anti-sexisme au Japon

C’était justement le cas pour Jirō Ono, 90 ans, meilleur chef sushi au monde, qui figure parmi les tables secrètes de Barack Obama. Le fils de ce chef a beau révéler qu'il aurait préféré une autre vie, il est aujourd'hui obligé de reprendre l’entreprise familiale. Ce dernier déclarait toutefois il y a quelques années dans le Wall Street Journal qu’une femme n’avait pas sa place dans ce milieu : "À cause de leur cycle menstruel, les femmes n'ont pas d'équilibre du goût, et c'est pourquoi elles ne peuvent pas être "chefs sushi"" avant de conclure son analyse sur l’utilisation féminine du parfum qui brouille l’odorat ou la chaleur du corps féminin qui chauffe le poisson. Yuki Chizui n’a en effet pas suivi le cursus normal des très grands sushi masters : après des études de design, elle travaille quelques années dans une chaîne de restaurant, peu connus pour leur subtilité. cela dérange la jeune femme qui apprend en autodidacte les coupes précises que requièrent le métier et les équilibres des goûts. Elle passe ensuite un concours pour valider ses acquis et décide de se lancer seule avec son propre établissement. Après plus de 10 ans de métier, elle affirme que "la meilleure façon de répondre aux critique, c’est de continuer à prouver à nos clients que nous pouvons faire de bons sushis". Une répartie et un self-control purement japonais !