Manger gras entraîne l'apparition de troubles alimentaires

Ecrit par

Une étude très récente a découvert de nouveaux effets de la "malbouffe" sur notre santé. En effet, le fait de manger gras entraînerait une dégénérescence du cerveau et les premiers symptomes de TCA.

L'addiction au gras prouvée par la science

Nous vous avions déjà évoqué le fait que le chocolat, la pizza et les frites sont de vraies drogues. Aujourd'hui, la piste de la modification du système de récompense et de la dopamine ainsi que l'addiction aux acides gras saturés apparaît comme l'explication scientifique la plus aux faits. En effet, une équipe de chercheurs de l'Université de Montréal, dirigée par Stéphanie Fulton, a distingué trois groupes de rats soumis à trois régimes différents à teneur calorique similaire, pendant huit semaines. Le premier a reçu une alimentation pauvre en graisses et légère, contenant autant d'acides gras mono-insaturés (présents dans l'huile d'olive et bons pour la santé) que d'acides gars saturés (présents dans l'huile de palme et les graisses animales excepté le poisson, mauvais pour la santé). Le deuxième groupe a eu droit à une alimentation riche en acides gras mono-insaturés tandis que le troisième a été soumis à de la nourriture grasse, très riche en acides gras saturés. Suite à de nombreux tests expérimentaux, les résultats ont montré que le cerveau des rats appartenant au troisième groupe avait changé.

Manger gras entraîne l'apparition de troubles alimentaires
Des résultats qui se manifestent dans le quotidien

Leur système de récompense distribuant de la dopamine, procurant une sensation de plaisir, était complètement émoussé et l'effet stimulant des amphétamines était atténué. Autrement dit, les rats ressentaient de moins en moins de plaisir en mangeant des petites quantités, il leur en fallait toujours plus pour atteindre un niveau de satisfaction convenable. Leur motivation était également amoindrie, provoquant une diminution de leur activité physique. C'est pour cela qu'être gourmet fait moins grossir, car l'alimentation saine est privilégiée. Cette découverte peut être une clé très sérieuse dans la lutte contre les Troubles du Comportement Alimentaire (TCA), le surpoids et l'obésité. Bien qu'une prise de poids excessive et la boulimie sont également d'ordre psychologique, en raison d'un traumatisme ou d'événements marquants, l'addiction physique à la nourriture vient d'être prouvée. Si l'on reconnaît le lien entre la dopamine et la cigarette, l'alcool et la drogue, on atténue en général cette causalité avec l'alimentation.

Manger gras entraîne l'apparition de troubles alimentaires
Une première explication aux TCA ?

Un cercle vicieux s'instaure alors : plus l'on mange gras, plus on grossit, moins l'on est motivé(e), plus l'on mange gras, plus l'on grossit, etc. Ainsi, dans de nombreux cas, la boulimie va s'imposer chez le sujet, qui va soit culpabiliser en se faisant vomir, soit se laisser grossir et devenir hyperphagique. Une addiction à la nourriture et une baisse générale de motivation s'instaurent peu à peu et le retour à une alimentation saine ainsi que la mise en place d'un régime deviennent de plus en plus difficiles au fur et à mesure du temps. Il n'y a donc pas que le poids du métabolisme dans le régime, mais de nombreux facteurs, dont la liste s'allonge régulièrement. Cela explique en grande partie le nombre de tentatives effectuées avant de parvenir à tenir une diète, le cerveau se réadapte et a forcément du mal à se séparer de l'addiction. Le système de récompense, la satiété et les sensations doivent être totalement reconstruits. Souffrez-vous d'une dépendance à l'alimentation ?