Prison et alimentation, le sujet qui fâche

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Nourrir les prisonniers trois fois par jour, telle est la mission des employés de prison. Mais qu'en est-il de la qualité des repas ? Découvrez les coulisses d'un gaspillage phénoménal de nourriture

Réputée pour être très mauvaise, la cuisine en prison est loin d'être un festin. Les détenus, comme Marc Dutroux, se méfient du contenu de leurs plats et boudent de plus en plus leurs assiettes. Résultat : près de 70 % des plateaux finissent à la poubelle, entraînant un gaspillage phénoménal au sein des établissements pénitenciers. Malheureusement, c'est une réalité et on le comprend. Avec des contraintes budgétaires sur le dos et un trop grand nombre de bouches à nourrir trois fois par jour, les employés n'ont pas le temps de préparer des repas de qualité. Cela explique pourquoi 95 % des produits servis sont soit des boîtes de conserve, soit du surgelé. Du côté des prisonniers, on est beaucoup moins compréhensif. Quand on reste enfermé tout au long de la journée, sur une longue période, manger est une véritable préoccupation. "Comme chez le personnel d’ailleurs", assure Sylvain Royere, surveillant de l’établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM). Devant s'occuper d'adolescents en pleine croissance, il doit les nourrir quotidiennement mais les portions restent insuffisantes à la vue de leurs besoins journaliers. "Ils n’en ont pas eu suffisamment, et ont eu la dalle pendant plusieurs jours" assure l'un des membres du personnel. La rédaction de meltyFood vous le confirme : la question de l'alimentation en prison est un véritable problème.

Prison et alimentation, le sujet qui fâche

Dans le cadre du programme national pour l'alimentation (PNA), certains établissements pénitenciers ont pris des initiatives pour lutter contre le gaspillage et ont reçu des prix lors du salon de l'agriculture. Par exemple, la mise en place d'ateliers de cuisine participatifs comme à la maison d'arrêt de Strasbourg. Objectif : permettre aux détenus de réaliser eux-mêmes leurs plats en cellule. "On part du postulat que les prisonniers qui participent aux ateliers seront moins enclins à gaspiller" professe Serge Hygen, chargé de projet chez l'association Eco-Conseil. Une fois, un concours de cuisine a même été organisé en prison, du jamais vu ! Autre solution innovante : la maison centrale de Poissy (Yvelines, Île-de-France) va démarrer une activité de boulangerie, avec une partie production et autre consacrée à la formation des détenus. Projet ayant nécessité 40 000€ de budget, cela va non seulement permettre à l'établissement de nourrir l'ensemble de ses occupants, mais aussi de former les prisonniers au métier de boulanger, donc de soutenir le travail artisanal. Enfin, plusieurs prisons se sont dotées de ruches et de poules afin de favoriser la production locale. De beaux projets pour améliorer l'offre alimentaire des incarcérés. Que pensez-vous de ce sujet sensible?