Nouvelle loi française contre les pro-ana

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C'est officiel, les députés de l'Assemblée nationale viennent, cette nuit, de créer un nouveau délit puni d'un an d'emprisonnement et de 10 000 euros d'amende afin de réprimer l'incitation à la maigreur excessive.

L'éloge de l'anorexie, un nouveau délit aux yeux de la loi ? C'est ce qu'on décrété les députés de l'Assemblée Nationale vers 1h du matin, durant la nuit du 1er au 2 avril 2015. Dans le cadre du vote de la loi Santé, ils ont décidé de réprimer l'incitation à la maigreur excessive, notamment de la part des sites Internet pro-anorexie (rassemblement de personnes faisant l'apologie de ladite pathologie) en créant un délit puni par un an d'emprisonnement et 10 000 euros d'amende. Une lourde peine pour les fautifs mais nécessaire pour mettre un terme au fanatisme des troubles du comportement alimentaire (TCA) sur la toile. Marisol Touraine, la ministre de la Santé, s'est déclarée favorable à cette mesure tout comme Olivier Véran (PS), le rapporteur du projet de loi. Une bonne nouvelle après le rejet de l'amendement interdisant certains mannequins trop maigres, voire anorexiques, de défiler. Comme meltyFood l'a évoqué dans un précédent article, la commission des Affaires sociales a refusé de pénaliser les agences de mannequinat employant des femmes diagnostiquées en état de dénutrition, pour la simple et bonne raison que cela peut constituer une discrimination à l'embauche.

Nouvelle loi française contre les pro-ana

Maladie mentale touchant entre 30 000 et 40 000 personnes en France (dont 90 % de femmes), l'anorexie (tout comme la boulimie) figure parmi les troubles alimentaires les plus dévastateurs de notre société actuelle car difficile à soigner, même avec des antibiotiques. Ce mal poussant les individus à se priver de nourriture, au point d'avoir des conséquences graves sur la santé, fait de plus en plus débat et ce n'est pas la première fois qu'un projet de loi essaie d'apporter un début de solution au problème. Ainsi, la création de ce nouveau délit "apparaît nécessaire car les dispositions du Code pénal actuellement ne permettent pas de s'attaquer à l'action de certains sites internet", selon les signataires de l'amendement, notamment les députées Maud Olivier et Catherine Coutelle. Certains sites connus sous le nom de "pro-ana" peuvent, en effet, "entraîner les personnes dans le cercle vicieux de l'anorexie sans être inquiétés par l'autorité publique". Or, il est important de distinguer les sites servant d'exutoire et ceux faisant clairement l'éloge du culte de la maigreur pour frapper au bon endroit, sans porter atteinte à la liberté d'expression sur Internet.