Maigreur, un problème de génétique ?

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Maigreur constitutionnelle, ça vous parle ? Et pourtant, près de 2 % de la population française est touchée par cette "affection" peu connue, caractérisée par une minceur anormale et dont ne peut rien y faire car elle serait génétiquement programmée.

"Clou", "fil de fer" ou encore "baguette", soit bon nombre de comparaisons auxquelles certaines personnes très minces ont droit au quotidien. Si on parle beaucoup des cas d'obésité, la maigreur constitutionnelle est une "maladie" encore mal évaluée. En effet, les personnes touchées par cet état (1,5 à 2 % de la population française) sont naturellement minces et pour cause : c'est génétiquement programmé. Loin d'être un trouble du comportement alimentaire, ce phénomène se caractérise également par l'incapacité à maintenir et à prendre du poids. "Il y a souvent une hérédité, une moindre diminution de la masse grasse et osseuse que dans l'anorexie, et surtout des bilans biologiques et hormonaux normaux. Chez une femme qui a toujours ses règles en l'absence de pilule et des hormones sexuelles normales, l'anorexie mentale peut être éliminée" explique Bruno Estour, professeur au service d'endocrinologie, de nutrition et des troubles comportementaux au CHU de Saint-Etienne.

Maigreur, un problème de génétique ?

Alors qu'on peut soigner les troubles alimentaires (anorexie, boulimie etc) avec des antibiotiques, manger plus ne change pas grande chose pour ceux souffrant de maigreur constitutionnelle. Pour prouver cela, les docteurs Natasha Germain et Bodgan Galusca ont appliqué un protocole de "surnutrition" d'un mois sur seize femmes : huit ayant une corpulence normale et les autres considérées comme maigres constitutionnelles. Après la période de test, le premier groupe a pris en moyenne 1,3 kg contre seulement 700g pour le second. Il y a donc bien une résistance à la prise de poids chez ces dernières mais comment l'expliquer ? Plusieurs hypothèses ont été émises : une différence dans la composition de la graisse, un taux plus important d'hormones de la satiété etc. Pour le moment, une importante étude sur les éventuelles différences génétiques chez les familles comptant plusieurs cas de maigreur constitutionnelle est en cours et doit publier ses résultats d'ici l'été 2015.