Jean-Pierre Coffe : Retour sur la carrière d'un révolutionnaire

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Les chefs, les animateurs, les téléspectateurs,... tout le monde aimait Jean-Pierre Coffe. Avec une carrière brillante et une vie personnelle semée d'embuches, le chef rieur aux lunettes extravagantes a su révolutionner le monde de la cuisine Française.

Nous l’avons appris il y a quelques heures, Jean-Pierre Coffe s’est éteint à l’âge de 78 et les hommages au plus célèbre critique gastronomique français se multiplient depuis. Né à Lunéville en Lorraine en 1938, il vivra une enfance très difficile comme il le révélait il y a quelques années dans son autobiographie. Il commence sa carrière en enchaînant les petits boulots avant de commencer à se faire un nom à Paris en devenant d’abord directeur de publicité aux Editions Robert Laffont puis en commençant sa carrière de restaurateur. Il ouvrira d’abord La Ciboulette puis Le Modeste, un restaurant de « débrouille » selon ses propres termes qui deviendra un haut lieu de la vie nocturne parisienne après être devenu le restaurant préféré de Jean Poiret qui amène régulièrement ses amis du milieu du cinéma ou des arts. L’affaire fera cependant faillite et Jean-Pierre Coffe sort de cette aventure très endetté. Il avouera que si sa vie personnelle a été « vraiment triste », c’est sa relation avec le public qui lui a permis de surmonter les épreuves.

C’est en 1984 que Michel Denisot fait appel à lui pour réaliser des chroniques sur Canal Plus. Son succès est fulgurant et le public se laisse séduire par ce personnage haut en couleur, sincère et qui ne se cache de clamer haut et fort que l’alimentation moderne, « c’est de la merde ». Ses coups de gueules contre la malbouffe deviendront sa marque de fabrique et un réel combat. Ses très nombreux livres, sur la cuisine ou le jardinage sont d’ailleurs tous de très grands succès commerciaux. En participant en 2009 à une campagne de publicité d’une chaîne de hard-discount, il s’attirera les foudres des médias, mais il assurera jusqu’à la fin de cette collaboration que la démarche était avant tout d’essayer d’apporter de bons aliments à des personnes qui n’en avaient pas forcément les moyens.

« Bien manger ne coûte pas plus cher » assurait-il régulièrement. De 2003 à 2012, ses chroniques culinaires dans Vivement Dimanche Prochain contribuent à façonner cette image de bon vivant, grand amateur de gastronomie française généreuse tout en insistant sur l’importance du Bien Manger. Animateur pour la télévision ou la radio, il proposait encore en 2013 la série C’est Bon sur France 3, un programme ludique et éducatif destiné aux plus petits. Les plus grands le suivaient encore la semaine dernière dans l’émission Les Grosses Têtes de Laurent Ruquier où l’on pouvait retrouver ses bons mots et son franc parler tout comme ses lunettes rondes et son crane qui resteront dans les mémoires.