It Food : Les insectes

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Sur le globe 2,5 milliards de personnes consomment déjà des insectes d'après l'AFP. En occident, et notamment en France, on entend de plus en plus de bien de ces petits "bêtêtes" qui seraient saines, goûteuses et même favorables à l'environnement. La rédaction de meltyFood vous en dit plus.

Il y aurait 1900 espèces d'insectes pouvant être consommées sans danger. Comme nous le précise Slate.fr, il s'agit d'un chiffre plutôt faible au regard des 900 000 espèces d'insectes connues à ce jour... Ceux qui ont le plus de succès restent les orthoptères, comme les criquets ou les sauterelles ou encore les larves de coléoptères (vers) et enfin les hyménoptères (les fourmis, les larves d'abeilles). En occident on est encore très timides au niveau de leur consommation. Ils sont pour nous une expérience culinaire insolite à la fois exotique et futuriste. Leur mention sur un menu laisse place à l'étonnement et crée parfois le buzz, le burger à la sauterelle de New York en est la preuve.

En réalité nous consommons déjà tous des insectes ! Et pour cause, ils sont présents dans les jus de fruits, les légumes et dans le colorant alimentaire E120 de couleur rouge (fabrique à partir de cochenille). Ceux-ci sont sources de protéines et de vitamines, ils sont également riches en oméga 3 et 6 et en minéraux. Cerise sur le gâteau, ils sont pauvres en matière grasse. Ces dernières caractéristiques sont des arguments de taille face aux préoccupations actuelles des citoyens. Certains industriels ont d'abord suggéré d'introduire ces drôles d'espèces dans notre alimentation en dissimulant l'esthétique de ces petites bêtes. C'est ainsi qu'est née la farine d'insectes. Le physique atypique de ces animaux peut paraître effrayant ou ragoutant pour les français, habitués des steaks, côtelettes et du jambon en tranche. On se garde d'ailleurs souvent de vous présenter l'animal dans son ensemble.

C'est justement la différence qui est aussi un force chez les insectes. Un récent Atlas de la viande publié par l'Association Les Amis de la Terre et la Fondation Heinrich Böll nous informe des enjeux et des conséquences de la consommation de viande dans le monde. Vous l'aurez surement deviné, cela n'est très réjouissant à voir. Il faut par exemple 15 500 litres d'eau pour produire un kilo de bœuf (avec la même quantité on produit 118 carottes). Face à ce constat, les insectes peuvent vite devenir encore plus appétissants, ou à défaut, plus intéressants pour la conversation de nos ressources. En effet, a contrario, nos amis les insectes sont peu gourmands en nourriture et en eau. De même ils rejettent également peu de gazes à effet de serre. Que demandez de plus ?

Sur ce point, certains pays sont en avance. Aux Pays-Bas par exemple, il existe même des cours de cuisine d'insectes. Que diriez-vous d'un couscous de vers de farine agrémenté de quelques sauterelles pour le déjeuner ? Si cela peut nous paraître insolite, c'est une réalité pour d'autres. Rappelons tout de même que si les mentalités évoluent, ce n'est encore qu'un début. Sa consommation reste marginale aux Pays-Bas, elle l'est encore plus en France. Jimini's, une jeune start-up rencontrée par meltyFood, souhaite démocratiser sa consommation. Elles proposent ainsi les criquets et les molitors, des petits sachets à proposer en apéritifs. Leurs insectes proviennent de fermes spécialisées européennes avant d'être déshydratés et préparés en France dans leur atelier situé à Evreux. Non, ils ne courent par les champs pour chasser les criquets comme ils le précisent eux-mêmes sur leur site.

Les insectes sont donc légers (ils ne sont pas frits) et aromatisés : goût curry fruité, sésame et cumin, poivre et tomates séchées, par exemple. La rédaction a osé tester les insectes Jimini's croustillants pour l'apéro. Une fois le premier pas franchi le , autrement dit, la première bouchée, on a envie de s'en resservir. Pour surprendre vos invités, il n'y a pas mieux. Pour les commander, rendez-vous sur Jiminis.com ou dans certaines boutiques parisiennes à découvrir sur leur site. Ce nouvel engouement est modéré, difficile d'imaginer les français révolutionner leurs habitudes alimentaires. Nous sommes en effet très attachés à nos produits et à notre cuisine. Cependant, on ne peut s'empêcher de constater les prémices d'un changement. Si ces bêtes sont encore pour nous des aliments singuliers, cela pourrait évoluer si nous en manifestons l'envie et que nous osons franchir le pas par curiosité, pour notre santé ou pour la planète.