Violence en cuisine, la fin du tabou ?

Ecrit par

Les chefs se mobilisent pour dénoncer et mettre fin à un tabou dans la profession : celui des violences faites aux apprentis cuisiniers. Le monde de la restauration s'engage pour "lever l'omerta" et cesser les brûlures, claques, tapes, coups de pieds dont sont victimes les commis.

Alors que les apprentis sont à l'honneur avec objectif top chef, l'émission de Philippe Etchebest qui prépare top chef 2015, ils font aussi l'actualité d'une autre façon. En effet, les chefs et les acteurs de la restauration ont décidé de dénoncer un tabou dans le monde de la cuisine : celui de la violence faite sur les apprentis cuisiniers. "Touche pas à mon commis !" A travers des articles, des conférences et un manifeste, plusieurs grands chefs veulent mettre fin à une violence jugée récurrente en cuisine. Entre brûlures, coups de pieds ou même claques, les commis de cuisine sont les victimes régulières des chefs pour lesquels ils exercent. Il faut "refuser la banalisation des petites violences ordinaires à tendance bizutage ou considérées comme des rites initiatiques", écrit le chef Gérard Cagna dans un manifeste signé par cinq des "meilleurs ouvriers de France", dont le chef des cuisines de l'Elysée, Guillaume Gomez. Une conférence sur ce thème à Sciences Po, a même été organisée par le guide Le Fooding et le site d'information Atabula avec la participation de nombreux chefs tels que Cyril Lignac ou Thierry Marx.

Violence en cuisine, la fin du tabou ?

Le cauchemar en cuisine existe vraisemblablement, et ce n'est pas qu'une émission. Certains commis sont carrément mal traités, comme en témoigne l'incident ayant eu lieu au Pré Catalan, un restaurant 3 étoiles de Paris dirigé par Frédéric Anton où un apprenti avait été brûlé au bras par un membre de l'équipe avec une fourchette. Poursuivi par ses employés, même Gordon Ramsay , chef le plus médiatique du Royaume Uni,est accusé de maltraiter ses commis. L'express rapporte les confession de Rémi, un apprenti cuisinier de 24 ans "La violence est souvent plus d'ordre moral que. Ça faisait un mois que je travaillais, j'ai dû faire un gaspacho, mais je ne l'ai pas assaisonné. Le chef l'a goûté et me l'a renversé dessus, devant tout le monde. Une fois un supérieur jaloux m'a demandait de prendre un plat sans m'avertir qu'il était brûlant, ou me donnait des coups d'épaule alors que je découpait des légumes... Ça m'est arrivé de rentrer chez moi en pleurant". Un témoignage parmi d'autres montrant le traumatisme et le choc psychologique dont sont victimes les apprentis cuisiniers. Et cette histoire n’est qu’une petite ouverture sur la longue liste des violences faites à l’encontre des commis ou des aides dans les restaurants.