Alcool : Un prix minimum en Écosse contre l'ivresse ?

Fixer un prix d'achat minimal pour l'alcool comme pour le tabac, afin d'enrayer sa surconsommation excessive ? Peut-être bientôt en Écosse.

C'est un pays tout entier qui part en guerre contre la gueule de bois. À partir du 7 juin 2016, la cour suprême écossaise examine la question juridique d'un prix minimal imposé pour l'alcool. Le pays du Whisky est un gros consommateur d'alcool fort. D'après Les Échos, les Écossais auraient consommé 57 millions de litres de vodka en 2015. Cela représente quand même 41 bouteilles par personne en une année. Depuis 2012, l'Écosse envisage de réguler les prix de l'alcool pour endiguer la soif immodérée de ses concitoyens. Pas comme les New-Yorkaises qui peuvent boire pendant leur grossesse. Si la loi venait à passer, toutes les boissons devraient être vendues à 0,5£ soit 0,65€ minimum. L'argent seul ne suffit pas à changer une culture de l'alcool, mais au moins les buveurs auraient une bonne raison de ralentir leur consommation. Cette idée est pourtant déjà critiquée. La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) y voit une infraction à la libre concurrence garantie par le droit européen. Si la cour suprême estime malgré tout le dispositif légal, l'Écosse serait le premier pays européen à prendre cette décision.

Un règlement similaire existe déjà au Canada. L'Australie de son côté a adopté des emballages d'alcool neutres, comme pour la cigarette. Au sein de l'Union Européenne, des pays comme l'Irlande et le Danemark ont déjà manifesté leur intérêt pour une régulation du prix de l'alcool. Même les Anglais - inventeurs du binge drinking - se sentent très concernés. David Cameron déclarait en 2012 "Quand la bière est moins chère que l'eau, il est tout simplement trop facile pour la plupart des gens de se saouler chez eux avant même qu'ils mettent les pieds dans un pub". Tous les Européens seraient-ils résolus à lutter contre l'alcoolisme et la mortalité routière ? En France, 1 accident mortel sur 3 était imputable à l'alcool en 2015. Ce taux passe à 1 accident mortel sur 2 la nuit. Les industriels du secteur des alcools et spiritueux assurent qu'une régulation serait contraignante et inefficace. En somme, qui a bu boira. Même en l'absence d'astuces comme cette glace coréenne anti-gueule de bois. Si la mesure était adoptée, de nombreuses régulations pourraient bouleverser le marché européen des boissons alcoolisées. La cour suprême écossaise rendra son verdict en août 2016.

Source : Les Échos