500 000 tonnes de pommes de terre jetées en France

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Grâce à une très bonne météo, la récolte de pommes de terre a été fructueuse cette année. Résultat : près de 500 000 tonnes de pommes de terre finissent aux ordures. Un fait alarmant dans un contexte où les pouvoirs publics essaient justement de limiter le gaspillage alimentaire.

Une bonne nouvelle n'arrive jamais seule chez les agriculteurs. Grâce à un temps particulièrement clément en 2014, la récolte de pommes de terre a bondi de 17 % mais, paradoxalement, le fruit de leur dur labeur va finir aux ordures. Avec près de 500 000 tonnes en excès sur les bras, impossible d'utiliser tout ce surplus, même en ayant donné trois camions pleins pour des Roms en Roumanie. "On va jeter de la production car toutes les associations d'aide alimentaire au monde ne suffiraient pas à absorber ce surplus" reconnaît Arnard Delacour, de l'Union des producteurs de pommes de terre (UNPT) au Salon de l'agriculture, à Paris. Chaque année, 30 % de la production agricole mondiale termine à la poubelle, soit 1,3 milliard de tonne de produits comestibles (chiffres de l'ONU). Bien entendu, certains aliments sont moins concernés comme le lait, puisque l'excédent peut facilement être conservé en le transformant en poudre. Face à ce problème, Guillaume Garot, le député socialiste de Mayenne, doit proposer des solutions au cours de la première quinzaine d'avril 2015. La mairie de Paris, quant à elle, vient de lancer son réseau contre le gaspillage alimentaire.

Deux principales solutions sont envisagées par le député. L'une est de développer la méthanisation (dégradation naturelle de la matière organique en absence d'oxygène), l'autre d'inciter davantage au don. En principe, ça peut marcher mais c'est loin d'être simple à mettre en pratique. En effet, l'un des plus gros problèmes à régler reste l'inégalité face aux aides fiscales. Pour les agriculteurs dont la production est volatile, aucune incitation fiscale au don n'est encouragée. Autre point négatif : la plupart d'entre eux sont réticents à donner leurs surplus car ils ont peur de voir leurs champs abîmés. Le problème ne risque donc pas d'être résolu tout de suite. Heureusement, bon nombre d'associations tentent d'apporter un début de réponse. La preuve, un collectif nommé Gueules Cassées veut créer une marque "antigaspi".